Arts ²

Avec Laura Zanatta, Morgane Gilles, Solène Morin, Carole Lambert, Laura Parchet

Griselde de Louise-Geneviève de Sainctonge (1650-1718)

« La légende de Grisélidis date de l’époque médiévale et raconte les mésaventures d’une paysanne choisie en mariage par un grand seigneur. Le mari, déterminé à mettre à l’épreuve la fidélité, l’obéissance et l’humilité de sa femme, lui fait subir des traitements cruels. Parangon de vertu, l’héroïne accepte tous les décrets de son mari sans murmurer. Ce n’est qu’au moment où celui-ci décide de se remarier qu’elle lui demande la grâce de mieux traiter sa nouvelle femme, trop jeune et trop délicatement élevée pour endurer le traitement dont elle a été l’objet. Le mari, ébloui par la conduite parfaite de sa femme, la reprend, et tout finit dans la joie. Les changements introduits par Mme de Sainctonge valorisent ce qu’elle considère être les véritables qualités des femmes, dénonçant ainsi la tradition misogyne. Les deux nouveaux personnages que sont Phénice et Hidaspe font écho à ce message, en servant de porte-parole à la dramaturge. Mais le dénouement invraisemblable rappelle que, dans le monde réel, la tyrannie des despotes et des maris règne impunie, et que seul un miracle peut faire triompher la fidélité et l’innocence. »
Comédie en proverbes de Catherine Durand (? – 1736 ?)

« Le jeu des comédies en proverbes, qui remonte apparemment au début du XVIIe siècle, s’apparente aux charades. Plusieurs personnes jouent une pièce, rédigée d’avance ou improvisée, qui illustre un proverbe bien connu mais sans le mentionner dans le texte, et les spectateurs doivent le deviner. La collection de proverbes composés par Catherine Durand marque la première publication de ce type de textes.[…] Mme Durand fait donc figure de pionnière, mais elle traite aussi de plusieurs problèmes concernant la condition féminine : mauvais traitement par des maris ou des amants dédaigneux, vigilance excessive ou même emprisonnement forcé décidé par les parents, désir d’émancipation, possibilité d’une amitié sincère entre femmes. »

Rare-en-tout de Anne de La Roche-Guilhen (1644-1707)

« Sa vie et ses écrits sont profondément marqués par l’instabilité politique qui règne alors sur la scène internationale. (…)C’est à l’occasion de l’anniversaire du roi, en 1677, qu’elle écrit sa «comédieballet», Rare-en-Tout. (…) »La Roche-Guilhen s’est surtout consacrée au récit historique, le plus souvent sous la forme de contes moraux et dans les genres à la mode: traductions, romans et nouvelles. Après 1686, son oeuvre adopte un ton et une sensibilité davantage marqués par son appartenance à la cause huguenote. (…)Au sein d’un corpus important dont l’attribution est en partie incertaine, deux textes révèlent plus particulièrement l’importance de La Roche-Guilhen dans l’histoire littéraire. Rare-en-Tout, l’unique pièce de théâtre qui nous soit parvenue, est un hommage aux tonalités européennes rendu à la culture française qui a dû ravir les coteries exilées à Londres. (..)Aujourd’hui, grâce aux études féministes et à un regain d’intérêt pour l’histoire du livre et de la culture huguenote, La Roche-Guilhen est reconnue comme emblème d’une génération d’écrivaines: leurs vies, marquées par les difficultés économiques, les scandales, la persécution religieuse et l’itinérance qui en découla, ont transformé, au fur et à mesure qu’elles se sont déplacées à travers l’Europe, les modèles de l’écriture en tant que mode de sociabilité. »

La folle enchère de Mme Ulrich (1665 ?-1707 ?)

« Comédie d’intrigue, au ton burlesque, fondée sur le travestissement et les fourberies de valets rusés, La Folle enchère est également une œuvre satirique sur les mœurs et le cynisme de la société de l’époque. Elle met en scène les déboires d’une mère ridicule, pathétique dans son refus de vieillir, qui devient la dupe d’une jeune travestie. Son originalité tient à l’inversion des rôles de sexe, qui aboutit à la mise aux enchères et à l’enlèvement d’un prétendu jeune homme. Représentée en mai 1690 à la Comédie-Française, elle fut reprise en 1691, et jouée devant la Cour. Bien reçue des critiques, elle fut longtemps attribuée au comédien et dramaturge Florent Dancourt, qui avait pourtant la réputation de s’approprier de nombreuses pièces dont il n’était que le retoucheur. Amant de Mme Ulrich, il lui servit probablement de mentor et aida à sa représentation. Femme mariée, elle pouvait difficilement revendiquer son œuvre et mettre son nom à l’affiche. La pièce fut donc jouée sous le nom de Dancourt, qui en perçut les droits […] Quoi qu’il en soit, en 1691, elle obtint un privilège de six ans au nom de « M* V* » pour faire imprimer la pièce. La préface qu’elle composa permit, par la suite, de lui restituer son attribution. »

Conservatoire Royal de Bruxelles

Direction Stéphanie Van Vyve et Frederic Lepers

Avec Lauryn Turquin , François Heuse Pauline Serneels , Aurélien Dony , Sarah Mathurin , Zélie Sels , Alvaro Siddharta

Arrie et Petus préface de la tragédie de Marie Anne Barbier (1664-1745)
« Dans son oeuvre tragique, Barbier a entamé un dialogue avec ses prédécesseurs Corneille et Racine, au moyen d’un jeu intertextuel poussé. Malgré le poids de cet héritage, elle a su étendre les frontières de la tragédie en mettant en valeur les sentiments de ses héros. Elle a également privilégié la mise en scène de «femmes fortes» issues de l’histoire antique et fait preuve d’un intérêt accru pour «la gloire
de notre sexe». Les études récentes mettent aujourd’hui l’accent sur l’aspect féministe de son écriture, et sur la place essentielle que tient son oeuvre dans l’histoire du théâtre et dans l’esthétique postclassique. »

L’amour et la folie de Louise Labé (1524 ?-1566)
Baise m’encor rebaise-moi et baise/ Donne m’en un de tes plus savoureux/ Donne m’en un de tes plus amoureux/ Je t’en rendrais quatre plus chaud que braise”.
Si les manuels de français ont retenu Louise Labé pour ses poèmes ardents, voici l’occasion unique d’entendre un débat délicieux entre l’Amour et la Folie, dans lequel elle ausculte avec un ton plus amusé, voire satirique, les ravages de la passion.

L’Epître aux Femmes de Constance de Théis (1747-1865)
Constance de Théis est une autrice née en 1767. Surnommée « la muse de la raison », « le Boileau des femmes », elle fréquentait les salons et en était une figure de proue. Editée de son vivant, reconnue, saluée lors de la publication de son « Epître aux femmes », ayant une place de choix dans les milieux de la pensée et de l’art.

ESACT

Direction Isabelle Urbain et Saskia Brichart

Avec Marie Coyard , Olivia Stainier , Brenda Broohm , Jeanne Berger , Leïla Belounis , Hugo Feniser , Pierre – Alexandre Blot , David Nguyen , Matthieu Cavilla , Nicolas Arancibia

L’engouement de M-J Delaunay, baronne de Staal (1694-1750)

« Comédie sociale et morale. Une noble dame, Orphise, s’entiche d’une résidence de campagne qu’elle s’apprête à acheter à un propriétaire qui ne lui demandait rien, tend à y engloutir argent et bijoux, à malmener les projets matrimoniaux de ses enfants … »
Si on la connait pour ses mémoires, c’est ici l’occasion de découvrir les talents de dramaturge de Madame de Staal

IAD

Direction Miriam Youssef

Avec Elena Blondiau, Tom Boumeridja, Arthur Carbillet, Léa Dedeurwaerder, Merlin Delens, Louison De Leu, Mathilde Goffart, Kevin Lerat, Anaïs Moray, Marguerite Saison, Adèle Sierra, Julien Van Boeckel, Mehdi Zekhnini.

Les amazones – Lettre aux femmes et extrait Mme du Boccage (1710-1802)
« En 1749 Mme du Boccage se risque avec Les Amazones, tragédie en vers, audace jugée impardonnable chez une femme par certains. En dépit d’un public « extrêmement prévenu contre elle », Anne-Marie du Boccage s’obstine, tombe malade à la veille de la première mais connaît le succès le 24 juillet 1749 à la Comédie-Française. Collé rapporte qu’il y a un monde fou, « comme à
une première représentation de Voltaire ou de Crébillon dans le fort même de l’hiver », même s’il juge nécessaire d’attribuer sa pièce à du Resnel ou à Linant. Les misogynes se déchaînent à qui mieux mieux pour la blâmer de s’être risquée à s’aventurer sur la chasse gardée des hommes au théâtre. Ainsi l’abbé Raynal : « Sans l’indulgence qu’on a pour son sexe, la première représentation n’aurait pas été achevée. » ou Baculard d’Arnaud : « On peut nommer cette pièce les Menstrues de Melpomène. (…) Qu’elle se contente de régner au lit, et qu’elle nous laisse le théâtre ! » Les Amazones ont néanmoins connu onze représentations, un succès pour une époque où nombre de pièces tombaient souvent dès la première représentation. Aujourd’hui cette œuvre bénéficie d’un regain d’intérêt et a fait l’objet d’études féministes. »

Le favori de Mme de Villedieu (1640 ?-1683)
« Tragi-comédie parodique sur le pouvoir, écrite en 1665 par Madame de Villedieu, montée avec succès par Molière et sa troupe devant Louis XIV…Écrite l’année de l’inauguration de Versailles, dédiée à Hugues de Lionne, ministre et secrétaire d’État (protecteur de Mme de Villedieu), la pièce renvoie à un moment crucial de la réalité politique contemporaine : la disgrâce de Nicolas Fouquet. (…) Comme Manlius, Le Favori est une pièce parodique qui dévoile les mutations de la société de cour. Elle stigmatise l’émergence du courtisan veule, flatteur et parasitaire, qui deviendra la cible des moralistes. Des valeurs et des mentalités très différentes opposent deux groupes. Celui des « caméléons de cour » réunit les personnages emblématiques que sont Clotaire, le prince étranger dépossédé vivant à la Cour, et la coquette Elvire ; voués au culte royal, motivés par l’ambition et l’amour propre, exploitant l’art de la médisance, ils sont à la poursuite de plaisirs et de divertissements constants. À l’opposé, vibrant intensément d’une vie affective toute intérieure, les « belles âmes » aux valeurs héroïques et tendres sont imprégnées de l’idéal de l’amour précieux (…) »
Jouissance sonnet érotique de Mme de Villedieu (1640 ?-1683)
« L’année de ses dix-huit ans, Marie-Catherine de Villedieu fait la rencontre décisive de son existence en la personne d’Antoine de Boësset, sieur de Villedieu, fils d’un célèbre musicien du roi Louis XIII. Commence une liaison tumultueuse célébrée par l’écrivaine dans un sonnet intitulé Jouissance et jugé scandaleusement libertin5: «Je meurs entre les bras de mon fidèle amant, / Et c’est dans cette mort que je trouve la vie.»

Arrie et Petus de Marie-Anne Barbier (voir CRB)

L’amoureuse vaine et ridicule et Le vieillard amoureux de Françoise Pascal (1632-1698) Pièces comiques en 1 acte.
« Françoise Pascal est la première femme, connue à ce jour, dont l’œuvre dramatique ait été jouée par des troupes professionnelles .(…) Les Histoires littéraires du XIXe siècle l’ont parfois mentionnée pour ses œuvres religieuses qui avaient fait l’objet de quelques rééditions au siècle précédent, mais c’est surtout au XXe siècle que l’autrice a été redécouverte par les historiens du théâtre et dans le cadre des recherches sur la préciosité. On a notamment retenu sa contribution à la remise en vogue de la pièce comique en un acte. »

Habis – Préface et extrait(s)de Madeleine-Angélique de Gomez (1684-1760)
« Habis, première pièce de Mme de Gomez, a été représentée en 1714 à La Comédie-Française. Elle jouit d’un tel succès que la paternité en fut débattue : en témoigne sa préface où la dramaturge, y
dénonçant l’usurpation de l’auctorialité féminine, s’attaque au phénomène de la marginalisation des femmes sur la scène littéraire. »

Claire Vénus qui erre par les Cieux, sonnet de Louise Labé (cf CRB)

INSAS

Direction Anne Thuot

Avec Suzanna Bauer , Joseph Olivennes , Vivien Poiree , Héloïse Ravet , Alyssa Tzavaras , Lionel Ueberschlag , Solene Valentin , Jean – Gabriel Vidal

Zamore et Mirza ou l’Esclavage des Noirs d’Olympe de Gouges (1748-1793)
« Drame en trois actes écrit par Olympe de Gouges en 17841. Cette pièce décrit les conséquences de l’esclavage vues par deux esclaves durant l’époque de la colonisation. Olympe de Gouges, une des personnes importantes du mouvement féministe, introduit ce thème dans son œuvre dramatique.
Le sujet progressiste et la forme de la pièce présentent des difficultés pour l’auteur. En décembre 1789, elle corrige son texte pour le rendre adaptable au public. Malgré ces changements, la pièce est interrompue après trois représentations, en raison d’une forte opposition de la part des commerçants des îles colonisées. Finalement, Olympe de Gouges publie la pièce en 1792 avec une nouvelle préface.
La pièce raconte l’histoire de deux esclaves qui habitent en Inde (sans doute en zone anglaise) : Zamore et Mirza, des amants en fuite, parce que Zamore a abusé de la confiance de son maître amoureux de Mirza. Ils rencontrent deux Français, rescapés d’un naufrage, qui agissent pour sauver la vie de Zamore et de Mirza. »
Le travail de lecture s’accompagne d’une recherche sur l’effacement des corps noirs dans la peinture.

Sources résumés et biographies : http://www.theatredefemmes-ancienregime.org/ et wikipedia

Avec le soutien du Ministère de la Fédération Wallonie – Bruxelles – Direction générale de la Culture – Service de l’Education permanente

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